[FR]
Oui, oui, je vous la pose cette question !?
C'est bien gentil de dire aux enfants qu'ils ne parlent pas bien, ou pas assez telle ou telle langue ! C'est bien gentil de leur faire porter la responsabilité de l'utilisation des langues qu'ils
possèdent !
Si l'école vous dit : votre enfant ne parle ni correctement, ni suffisamment la langue de l'école, est-ce la faute de votre enfant ? Qu'allez-vous faire ?
Devrions-nous "punir" , faire porter le "blâme" sur les adultes ? C'est ce qui a été suggéré en Autriche récemment car les enfants ne parlaient suffisamment l'allemand. (voir article ici)
C'est un débat important et il n'est pas si facile d'y entrer. Je ne connais pas non plus la situation exacte en Autriche et n'est pas envie de faire de politique ici - même si tout est en soi de la politique.
Pour moi la question n'est pas de savoir s'il faut punir un enfant ou ses parents parce que l'enfant n'a pas suffisamment de langue (de scolarité), mais plutôt de comprendre comment se développe les langues chez l'enfant et donc sa capacité à les utiliser - surtout quand il arrive dans un nouvel environnement, qui est tout aussi nouveau pour ses parents.
Depuis que je travaille avec et pour les familles multilingues et plurilingues, j'ai pu entendre de nombreuses histoires.
Je pense que cette question est intéressante, non pas sur la question du blâme, mais plutôt que qu'est-ce qui est fait pour les enfants et leurs familles ?
Certes, les enfants ont besoin de la langue de scolarité quand ils arrivent dans un nouvel endroit. Certes également, les parents ont besoin de la langue de la société pour pouvoir naviguer dans leur nouveau pays. D'un autre côté, il faut aussi que les personnes qui les accueillent comprennent que c'est une langue nouvelle, une situation nouvelle, une culturel nouvelle. Il faut aussi se poser la question de savoir que font les accueillants pour les aider ?
Entendre des enseignants dire : les parents ne font pas suffisamment, mais comment peuvent-ils faire plus quand eux-mêmes sont en apprentissage de la langue, quand eux aussi découvre une nouvelle culture, un nouveau système scolaire et ne connaissent pas nécessairement leur droits et devoirs.
L'apprentissage d'une langue n''est pas seulement une question d'effort pour les enfants et leurs parents. Il y a toujours cette peur en eux de ne pas être compris parce que l'on
ne connaît pas les codes, parce qu'il y a dans l'accent une note de l'origine - surtout quand on
vient d'un autre pays. Cette peur ne permet pas de se sentir à sa place et donc on fait moins, on se cache; on n'ose pas car le blâme revient. Les familles peuvent perdre confiance dans les
institutions. Une langue se développe par les interactions, les conversations ; si on a peur, il y a moins d'interactions. Comment stopper ce sentiment de peur?
Même si on célèbre le multilinguisme - une célébration qui est trop souvent associé au prestige lié à la maîtrise de certaines langues "économiques", - on oublie trop souvent que le multilinguisme c'est bien plus que ces langues.
Les langues que l'on appelle des langues d'héritage ou langues d'origine
ne sont pas une menace pour l'apprentissage des langues locales, elles sont des piliers. Elles ne sont pas des menaces, mais des richesses. Elles font partie de l'identité des
enfants et de leurs familles. Ces langues utilisées à la maison sont des marqueurs des relations familiales, d'une sécurité émotionnelle. Un enfant sera plus enclin à apprendre s'il est
en confiance, s'il est respecté dans son identité.
Deux des projets dans lesquels j'ai participé "À la rencontre
de l'Autre" et "Créer des Passerelles de
Communication entre les Familles et l'École" se penchent sur ces questions. Nos projets ont démontré que quand les familles et les institutions, les
écoles travaillent main dans la main, qu'ils développent les bonnes stratégies, tout se débloque et tout est plus facile. Les formations offertes dans le cadre de ces deux projets
pourront vous aider à avoir les bons outils, les bonnes attitudes. Comprendre comme développer la confiance et de bonnes relations sont au cœur d'un développement "utile" de la langue nécessaire
au quotidien localement.
Il faut un équilibre et des passerelles solides entre les personnes accueillies et les personnes qui les accueillent - tant que cela ne sera pas mis en place, des débats comme ceux-ci
continueront d'exister. Il faut que cela entre dans les politiques nationales des pays.
Quelle est votre opinion sur le sujet ?
Que faire ? Que pensez-vous qu'il fasse faire ?
Vous souhaitez un rendez-vous - une formation, je suis disponible -> choisissez ici ou envoyez-moi un mail
[EN]
Yes, I am really asking you this question!
It’s all very well to tell children they do not speak a particular language well enough, or at all! It’s all very well to place the responsibility on them for how they use the languages they
know!
If the school tells you, "Your child doesn't speak the school language correctly or fluently enough," is it the child's fault? What are you going to do?
Should we "punish" the adults or place the "blame" on them? That is what was recently suggested in Austria because children weren't speaking German well enough (see article - link
underneath).
It is an important debate, and not an easy one to enter into. I don't know the exact situation in Austria, nor do I want to get into politics here—even though everything is political in its own
way.
For me, the question is not on whether to punish a child or their parents because the child lacks sufficient command of the school language; rather, it is about understanding how children develop
languages—and thus their ability to use them—especially when arriving in a new environment that is just as new to their parents.
Since I began working with and for multilingual and plurilingual families, I have heard many stories.
I find this question interesting—not in terms of blame, but rather: what is being done for these children and their families?
Admittedly, children need the school language when they arrive in a new place. Parents, too, need the local language of the host country to navigate their new country. On the other hand, the
people welcoming them need to understand what this does involve: a new language, a new situation, and a new culture. We also need to ask ourselves: what are the host countries doing to
help them?
We often hear teachers say that parents aren't doing enough—but how can they do more when they are learning the language themselves, discovering a new culture and school system, and may not
necessarily know their rights and responsibilities?
Language learning is not just a matter of effort for children and their parents. There is an underlying fear of not being understood—due to unfamiliarity with social norms or an
accent that reveals one's origins, especially when coming from
another country. This fear prevents people from feeling they belong; consequently, they hold back or withdraw, afraid to step forward for fear of criticism. Families can lose trust in
institutions. Language develops through interaction and conversation; if fear is present, interactions diminish. How can we overcome this fear?
While we celebrate multilingualism—often associating it with the prestige of mastering certain "economically valuable" languages—we too often forget that multilingualism encompasses far more than
that.
So-called heritage languages or languages of origin are
not a threat to learning local languages; they are pillars of support. Far from being threats, they are assets. They are integral to the identities of children and their families.
Languages spoken at home signify family bonds and provide emotional security. A child is more inclined to learn when they feel confident and their identity is respected.
Two projects I have been involved in—"Encountering the
Other" and "Building Bridges of
Communication between Families and Schools" —address these issues. Our projects have shown that when families and institutions—specifically schools—work
hand in hand and develop the right strategies, barriers are removed and everything becomes easier. The training courses offered as part of these two projects can help you acquire
the right tools and the right mindset. Understanding how to build trust and foster good relationships is central to developing the kind of language skills that are truly useful for daily life in
the local community.
We need a balance and strong bridges between newcomers and their hosts; until this is established, debates like these will persist. This needs to be integrated into national policies.
What is your opinion on this subject?
What should be done? What do you think needs to happen?
If you would like to schedule a meeting or a training session, I am available—please book a slot here or send me an email.
[NL]





Écrire commentaire